Vous êtes ici

Femmes du Numérique à la soirée de Gala Euridis

Le 7 février dernier, Euridis, Ecole supérieure de commerce des hautes technologies, organisait sa soirée de Gala 2014 à l’espace 56 de la Tour Montparnasse. A cette occasion, Véronique di Benedetto, Directrice générale d’Econocom et co-présidente de Femmes du numérique, était invitée par Bernard HASSON, Directeur général de l’école pour partager son expérience d’entrepreneure, présenter la commission femmes du numérique et ses actions auprès de 270 étudiant(e)s et jeunes diplômés de l’école, représentants du corps professoral, et partenaires de la soirée.

Retrouvez ici le résumé de l’intervention de Véronique di Benedetto :

Euridis, comme bon nombre d’écoles orientées vers les hautes technologies, constate un manque d’attractivité du secteur et se mobilise pour développer la part des femmes dans son établissement et plus généralement dans le secteur du numérique.

 

On peut se demander en effet pourquoi le secteur du numérique manque de femmes ?

Le numérique est partout. Nous vivons dans un monde qui bouge avec de nouvelles technologies qui émergent presque toutes les semaines. C’est un secteur porteur de croissance et d’emplois et un levier important de la compétitivité. Il permet de développer de nouvelles offres et des produits innovants, dans tous les secteurs (santé, automobile, transport, musique…).Travailler dans le numérique permet de s’épanouir par la créativité, l’innovation, le travail en équipe, l’ouverture d’esprit… Malgré tous ces points forts, seulement 27% de femmes travaillent dans le numérique.

Les métiers du numérique ont pourtant beaucoup à offrir : une grande variété de métiers, une évolution rapide, des salaires attractifs, des opportunités à l’international ou de créer sa propre société… Un secteur qui recrute avec près de 35 000 offres d’emplois chaque année ! C’est LA filière à emprunter pour trouver un travail captivant et surtout exercer sa passion !

 

D’où vient le problème ?

Alors que 46% des bacheliers en sciences sont des femmes, elles ne sont que 10 à 20% dans les écoles d’ingénieurs. Si elles ne choisissent pas ces filières scientifiques et techniques, c’est par manque d’information.

Le secteur manque d’attractivité, notamment en raison des stéréotypes. Les jeunes filles ont trop souvent à l’esprit l’image du jeune geek boutonneux et introverti. Or il n’y a pas que du codage dans les nouvelles technologies et les métiers y sont divers et variés, y compris dans le domaine social. Le savoir-être a aussi son importance, l’interaction avec des interlocuteurs variés, la coordination de projets, le management d’équipes, etc. D’autre part, bien qu’il soit résolument en train de changer, le secteur a longtemps été un peu sexiste car seuls 19,2% des travailleurs des TIC ont une femme pour chef, contre 45,2% dans les autres secteurs.

Il a longtemps aussi souffert du bien connu « plafond de verre », où les femmes, déjà peu présentes, le sont encore moins aux postes à responsabilités. Les freins identifiés :

  • Les traditions culturelles et les stéréotypes dans les esprits à la fois masculins et féminins,
  • Les barrières internes et les facteurs socio-psychologiques, tels que le manque d’assurance et par là-même d’ambition assumée, le manque d’aptitude ou de volonté de négocier
    (un poste, une augmentation…), un goût moindre pour la concurrence et le risque,
  • Les obstacles extérieurs, tels qu’un environnement fortement masculin, des difficultés à concilier vies privée et professionnelle, et l’absence de rôle modèle dans le secteur, même si les choses évoluent (Marissa  Mayer chez Yahoo! peut être un exemple chez les jeunes femmes).

Les écoles d’ingénieurs témoignent que les jeunes femmes ingénieures trouvent plus rapidement leur premier job et sont souvent mieux rémunérées que leurs homologues masculins. Les entreprises de leur côté, regrettent de ne recevoir qu’un CV de femme pour 10 CV masculins, en tout cas pour les postes liés aux technologies de l’information. Quelles sont les actions de Femmes du Numérique pour rendre le secteur attractif ? Au rythme actuel de fréquentation par les femmes des écoles d’ingénieurs ou commerciales en hautes technologies, il faudrait attendre 170 ans pour atteindre la parité. Quelquefois aussi, ce sont les femmes qui provoquent elles-mêmes leurs propres freins. Le combat de Femmes du Numérique est de rendre le secteur IT attractif chez les femmes et de leur présenter des rôles modèles auxquelles elles peuvent s’identifier. Pour cela, notre action se fonde sur quatre piliers principaux : La Route des Femmes du Numérique, Un guide à destination des jeunes filles intitulé « Les filles, une opportunité pour le numérique. Le numérique, une opportunité pour les filles », la mise en valeur des talents féminins du secteur, à travers des interviews et témoignages.

Nous sommes également partenaires d’initiatives comme :

  • La Nuit de l’Info : une compétition nationale qui réunit étudiants, enseignants et industriels pour travailler ensemble sur le développement d’une application web. Les participants ont la durée d'une nuit pour proposer, implémenter et packager une application Web 2.0.
  • Le Trophée excellencia, né de la volonté conjointe de Femmes du Numérique et de l’Epita (école d’ingénieurs en informatique) de promouvoir la place des femmes dans le numérique. Le prix Excellencia vise à récompenser des jeunes femmes dans trois catégories : Créatrice d’entreprise numérique, Etudiantes en école d’ingénieurs, Ingénieure investie dans une mission associative ou humanitaire.

« Je vous encourage à candidatez et à promouvoir ce Trophée autour de vous », a conclu Véronique di Benedetto, "Vous pouvez retrouver toutes les informations sur www.excellencia.org."

Monsieur Hasson a tenu à remercier Madame di Benedetto pour la passion qu’elle a su montrer et son implication pour les femmes du numérique. Son témoignage a su retenir l’attention et sensibiliser les jeunes étudiantes et étudiants présents.

 

Menu